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the devil's tears (proserpina)

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Sujet: the devil's tears (proserpina)
Sam 18 Juin - 10:23


« Boss. Y’a… y’a un truc qu’est arrivé pour vous c’matin, c’est pas joli » Entrée d'un soldat, nouvelle fracassante pour un début de matinée. « Un colis avec la tête d’une des filles ? » Cadeau reçu quelques mois plus tôt. « Presque. Le mec d’vait pas avoir les sous pour s’payer un timbre » L’affront est déposé sur le bureau. Polaroid. Temps anciens. Retour aux vieilles méthodes. Poupée désarticulée, montée, lacérée, exhibée entre des murs de pierre. Il observe un instant, des secondes de trop. Ne pas se soucier de leur sort. Elles méritent les flammes, l’enfer, la condamnation. Et pourtant. Il les protège, il observe, il ne permet pas les meurtres. Pas de celles qui sont les joyaux. Enfant marquée, précieuse qu’il savait évadée depuis des jours. Kidnappée. Mignonne qui aurait pu être Halyna. « On r’connaît pas le lieu » Lui sait. L’indice est présent sur la photo. Un chemin tout tracé vers la fille de sang. « Les clés de la rolls » Grogne le maitre, nait la colère entre les mots.

La ville est traversée, rapiécée. Eglises qu’il connaît par cœur. Chaque chœur, chaque fresque. De peu qui possèdent encore une crypte accessible. Evidemment, sur un terrain ennemi. Le règne des camés, des déglingués. Toute cette foule de zombies qui s’étale et geint à l’unisson. Sous-sol du carnage. Travail remarquable. Enfant malmenée avec soin. Pas un simple connard aux élans pervers. C’est encore différent. Une chasse qui s’annonce. Mise en garde. La poupée est prise entre ses bras. Objet désarticulé. La tête repose au vide. Corps déjà raide. Enfant qu’il jettera dans le fleuve.

Répercussion de notes. Enchantement de la voix. Il s’arrête. C’est étonnant, incroyable, assez pour vouloir se faufiler et demander qui est responsable, de qui sortent ces paroles sublimes. Il écoute. Logé entre les murs de la crypte, où l’écho se répercute sans fin, où la voix prend toute sa mesure. Il écoute. Et peut-être que certaines notes lui rappellent une voix. Un souvenir égaré depuis des années dans sa mémoire. Peut-être que si il voulait bien fouiller, remettre de l’ordre, il trouverait. Impossible. Ses pensées se focalisent sur ce qu’il entend. Requiem se jouant. Proclamation de la mort. Le temps se fige, les aiguilles à rebours. Dualité des envies. Rester à l’écart ou s’imposer, voir le visage, saisir la personne, lui demander de chanter, encore et encore. Au souvenir de l’enfance. Ces moments trainés entre les églises, le malheur de suivre la mère, d’écouter les sermons, ce fatras effrayant. Et pourtant. Il y croit. Peuplade de l’enfer et des cieux. La certitude qu’une place se réserve, que le monde se divisera entre deux parties. Enfant à ses bras. Il s’avance. Elle semble endormie la poupée. A y regarder de loin, à ne pas observer le sang qui illumine les tissus nacrés.

Il se faufile entre les travées, se fait fantôme quand les vitraux crachent leurs échos lumineux. Figé entre les piliers, ces centenaires, ces monarques supportant la voute. Eglise. Le terme est faux. Chapelle. Joyau niché entre les maisons florentines, connue uniquement des habitants. La morte repose sur un banc. Pour un temps. Celui d’écouter, de se noyer dans le chant.

Inconnue nimbée. Perforée d’éclats lumineux. Elle rayonne. Rouquine flamboyante. Le visage rognée par le soleil, capharnaüm de couleurs crachées par les tessons colorés. Il reste à l’ombre, à la nocturne présence oubliée.



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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)
Dim 19 Juin - 21:34

the devil's tears
Melchiorre & Prosèrpina
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

La pierre de l'édifice est froide, un effleurement presque glacial sur la peau nue et tendre. La fraîcheur du temple accueille les quelques rares égarés, les ombres qui cherchent l'absolution ou quelques moments de tranquillité avant de s'enfoncer de nouveau dans l'agitation urbaine. C'est avec cette image en tête que l'égarée longe les murs. La voici en quête d'un nouveau havre, s'échappant des bras des fidèles, des cérémonies qui éclatent en cet après-midi et qui célèbrent les unions ou les naissances. Elle, ne cherche qu'à être baptisée par le silence, accueillit en son sein. Sa foi n'est pas secrète mais elle ne souhaite pas pour autant la partager avec quelques badauds de Florence.  

Il n'y avait pas d'intimité entre les murs de l'asile. Désormais libre, Prosèrpina s'en offre le luxe. Ses ballerines usées raclent les pavés alors que les regards curieux effleurent la silhouette fine de la rouquine. Elle trempe ses prunelles dans l'Arno, observant les remous de l'eau avant de se redresser soudainement. Sa quête n'est après tout pas terminée. La clameur sourde d'un petit spectacle de rue envahit le quartier alors que Prosèrpina se faufile à l'abri, s'engouffrant dans l'un de ses refuges. Une silhouette sépulcrale se détache des ombres, la surprenant.... mais ce n'est que le gardien de ces lieux qui s’avance.

« Mon enfant. » La voix a les intonations chaudes et doucereuses de la pitié. Elle baisse la tête, humble, partagée entre la colère et le désarroi, répondant à cet amas de sentiments, ce magma répugnant qui la dépasse et pourtant la conforte. Le Père la salue avant de s'esquiver. Le voici disparu, surement pour répondre à l'appel d'un autre des agneaux de son troupeau mais qu'importe pour la fidèle qui continue à s'avancer. L'esprit joue quelques tours, mais l'appât de la foi est bien plus fort, tout comme celui de la mort.

Les heures passent tandis qu'elle se faufile dans les entrailles du bâtiment, dans cette étrange contre-naissance bénit par les quelques camés qui traînent, ne tardant pas dans leurs rêveries éveillées à s'enfoncer dans cette matrice de pierre, y trouvant dans leur démence chimique, l'illusion d'un refuge. Le silence a envahit les lieux. On pourrait croire l'endroit abandonné par les quelques rares âmes qui s'y aventurent, certaines trépassées, d'autres égarées dans quelques autres lieux pieux. Elle longe un mur, les doigts effleurant de nouveau la pierre humide, se perdant dans cet endroit pourtant restreint alors que, le cœur battant, l'esprit déforme les ombres, en faisant quelques démons alors que le regard accroche les figures saintes qui de leurs perchoirs veillent sur elle... elle en est persuadée.

Mais voilà qu'une innocente s'est vu ravie avant d'être déposée dans ce sanctuaire. La curieuse s'approche de la scène avant de vite s'en écarter. Des cadavres, du sang, des chairs déchirés, l'égarée en a vu. Accidents, meurtres... l'esprit fait fi de ces préoccupations bien vaines alors qu'un nœud se forme dans sa gorge. Elle se retrouve l'émissaire, solitaire en ces lieux chargée d'accompagner l'âme envolée !

Il se faut chanter, comme autrefois, comme à la messe, chanter pour trouver une réponse, pour ajouter quelques traits à cette scène peinte et achever de la figer dans le temps. Aveugle à la macabre scène qui s'est dessinée dans ce lieu, elle égrène les notes d'un requiem alors que la poupée est vautrée dans les ombres. Devant cet étrange auditoire, la femme se relève, le dos raidi, avant de se détendre, l'air vibre autour d'elle, la voix se fait de plus en plus forte, grimpe avant de retomber. Elle est cet étrange spectre, témoin de vie et de mort dans la ville de Florence, mais ces passages constants semblent lui échapper, comme si ses sens étaient atteints, comme si l'ignorance était préférable. Peut-être le sait-t-elle... peut-être que non ? Mais en cette heure, sa seule certitude est sa présence en ces lieux, et cette berceuse qu'elle a entamé, accompagnant le sommeil de l'enfant endormie. Le sourire aux lèvres, elle avance, esprit en présence alors que sonne l'annonce de la mort.
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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)
Lun 27 Juin - 17:34


Elles résonnent les notes, elles ricochent, elles se font ribambelles sublimes qu’il voudrait capturer, rendre réelles, enfermer à la boite de souvenirs. Elles s’évadent, elles sont là. Une main se lève, dans l’espoir d’en arracher la substance. Un enfant qui voudrait attraper de la fumée. Les doigts glissent dans l’air, ne retiennent que le vide. C’est désolant. Triste constat qu’il ne peut qu’écouter, redemander, encore et encore. Voilé derrière une pilier, un œil posé sur la poupée de sang, il s’inquiète un peu. Tambour du cœur pour la petite devenue pièce de boucherie. Il ne peut pas la laisser là. Assassinée. La voix revient, chasse ses préoccupations. Puis se tait. Le silence revient entre la pierre. Les yeux volent contre le christ accroché.

La curiosité prend le pas. Domine. C’est l’envie de savoir, comprendre, saisir qui se cache derrière les notes merveilleuses. Qui. Peut-être qu’il pourrait la garder pour lui, l’emmener, la convaincre de le suivre. Féminine. Il n’en imagine rien, pas de visage, pas d’âge. Il ne peut pas. Qui. Pourquoi. Où. La travée est abandonnée, son refuge oublié. Melchiorre s’avance. Roi jouant avec les ombres, se faisant malicieux derrière les seuls remparts qu’il peut encore trouver. Dernier pilier. Le cœur se serre. Implosion de la vérité. Une main se pose contre la pierre. Impossible. La certitude n’est pas totale. S’approcher. Etre certain. Chuchoter le nom qu’il lui donnait, appellation que lui seul comprenait. La Passante Rousse. C’est une figure du passé, une mémoire. Ce ne peut pas… Le pied droit trébuche contre un pavé. Résonnance entre les murs. Démasqué. Il reste droit, semble moulé de marbre, avec les statues, les centenaires. A peine vivant. Trop livide. Tremblements des mains qu’il cache à ses poches. C’est elle ! L’autre se souvient, voudrait courir. Enlacer. Garder. Chuchoter des secrets. Mais il est mort l’amoureux. Cendres des sentiments. Crémation du cœur. Il n’aime plus que les putes, les volages, les filles des nuits. « Je… » Le reste meurt avant la barrière des lippes serrées. « Votre voix est divine et je… je m'excuse de vous avoir interrompu » Pacotilles d’un empereur. Ils ricaneraient les autres, demanderaient remboursement. Où est passé le divin, celui qui ne s’égare jamais dans ses mots, ne montre aucune hésitation. Quelques pas dans la direction de la rousse. Lointain souvenir. Le soleil darde contre ses vétements, se fait révélateur. Cocasse situation. Chemise tachée, mains rouges. Il n’a pas remarqué. Il n’a pas vu l’allure qu’il se donne. Diable narguant la maison de dieu.



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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)
Jeu 30 Juin - 22:02

the devil's tears
Melchiorre & Prosèrpina
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

a voix s’élève une dernière fois avant de retomber, les notes virevoltantes faisant songer à un chant du cygne. Mais ce n'est là qu'un dernier hommage, à la défunte, aux figures de pierre qui la dévisage. Elle ne s'adresse qu'à l'animer, bien trop effrayée par les vivants, honteuses. Morte aussi. Sans doute. Un peu... Le chant frappe les murs, résonnent avec force. C'est la vie et la mort, amants, qui luttent farouchement dans sa voix. Elle tremble un peu, s'élevant de nouveau avec force.

Prosèrpina n'ose reprendre son souffle, levant la tête alors que le chant se transforme presque en cri. Un cri d'espoir, un appel à aide, non pas pour elle, mais pour celle étendue ici dans l’église, pour les âmes du sous sol aussi.

Puis, peu à peu, les notes s'enfoncent dans l’obscurité, voici qu'alors qu'elle s'éteint, le mince rayon de lumière qui perçait les vitraux s'abaissent, ponctuant la fin de cet instant. Elle ne l'a pas vu Prosèrpina, lui, la silhouette dans l'ombre, l'objet de ses rencontres fantasmées. Alors que la chanteuse improvisée abaisse le regard, s'arrachant des cieux rêvées pour effleurer le visage connu, s'arrachant du passé pour s'incarner en ces lieux d'égarement et de salut tout à la fois. Rêve-t-elle ? L'esprit n'est pas fiable ; et la méfiance fleurit au creux de sa poitrine. Baissant la tête, Prosèrpina l'aperçoit, lui, et son trouble. Mais, la voici toujours aveugle, à la tristesse au malheur, aux tâches de sang qui maculent ses habits. Peut-être les voit-t-elle, sans pouvoir les interpréter. L'esprit de la belle est mystérieux, entouré d'ombres qui altèrent sa perception du monde... mais peut-être est-ce pour le mieux.

« Je... » commençe-t-elle avant de se reprendre. L'avait-t-il reconnu, alors qu'elle s'était enfoncée aux enfers avant d'en ressortir brisée ? Pour la première fois depuis son entrée dans cette église, la petite chanteuse est sans voix. « Je ne savais pas que j'avais un auditoire.» murmure-t-elle songeuse, tranchant avec le ton plus léger qu'elle aurait voulu adopter. Un auditoire sorti de mes souvenirs, songe-t-elle. Avait-t-elle chanté à ses côtés ? Elle ne pense pas. Il est possible qu'elle fredonnait dans les couloirs du musée, le jour de son anniversaire, patientant, la belle, pour l'une de leurs rencontres tant désirée.

Une foule de questions se bouscule dans son esprit, mais aucune ne passe ses lèvres. Elle se tint alors là, silencieuse, ombre de la fillette qu'elle fut autrefois devant la Piéta. C'est lui, l'homme, le gardien des peintures, des visages figés. Il est entré dans son domaine, celui des pieux, celui des notes qu'elle s'arrache en même tant que ses sentiments, seules choses qu'elle autorise le monde de percevoir. « Monsieur.» se contente-t-elle de dire, comme si il ne s'agissait que d'une de ces journées mortes d'autrefois, comme si rien n'avait changé, impassible. C'est tout ce qu'elle peut faire, courtoise, un sourire aux lèvres alors qu'elle attrape les derniers bribes d'un passé qui s'enfuit peu à peu.
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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)
Sam 23 Juil - 9:35


C’est la rencontre improbable, la réalisation d’un rêve oublié. Il observe, curieux, étranger, un peu égaré. C’est elle, évidemment que c’est elle. L’ange roux. La nymphe drapée de ses guenilles. L’absente trouvant refuge entre les toiles. Il se souvient de ses paroles, de toutes, de son amour pour un tableau, de son esprit toujours éveillé. Renard malicieux pour lequel il attendait les rencontres. Une date. Toujours la même. S’asseoir et attendre. Et après, plus rien, elle n’est pas revenue. Avalée. Etouffée par une ville de sang. Où ? Il n’a pas eu le temps de retourner la ville, de se perdre dans le labyrinthe. Pour elle, il aurait aimé, pour elle, il aurait tout fait. Sans rien savoir, juste en concluant qu’elle appartenait à d’autres, ces fauves la surveillant, ces molosses toujours dans ses pas. « Pourquoi tu ne restes pas… pourquoi tu dois les suivre, qui es-tu… et ton prénom… je peux te sauver, tu sais ? » Les mots sont restés coincés, malades, devenus poison avec les années. Le désespoir de n’avoir rien dit. Maladie des sentiments. Le cœur battant, le cœur amoureux, étranglé. Et maintenant. Là devant lui. Apparition. Changement de lieu. C’est différent. Ça ne revêt plus la saveur d’avant. Quelque chose s’est brisé. Des éclats de leur relation. Il s’avance. Il est proche. Il pourrait effleurer sa joue. Tapoter. Se rendre compte de la réalité. Il voudrait. Effleurer, embrasser, saccager aussi. « Vous devriez chanter devant un réel auditoire, et pas seulement pour quelques statues » Melchiorre cherche les mots, se veut charmant. Incertitude du comportement. Il voudrait… il ne sait pas, ne sait plus. Mélange des volontés. Capharnaüm des idées. C’est le son qu’il veut, encore. C’est la voix s’imprégnant dans la pierre qu’il veut conserver. Ses cordes dans une boite musicale. Envie terrible. Garder le son entre des parois.

Une main se tend dans le vide. Jointure entre les corps. Paluche sanglante. « Melchiorre » Commencent les véritables présentations. Il garde son nom, il garde son rang, toute l’histoire se refourgue sur l’arrière de la langue, se noie dans la gorge. Melchiorre. Pas Donatello, pas l’empereur, pas le roi conduisant ses ménades.

Quelques pas. Un banc pour s’asseoir, pour dévier le regard. Observer l’autel. Lever les yeux et rencontrer le crucifié. Les églises le rendent coupable. « Tu n’es pas venue, tu n’es jamais revenue… je me demandais si je t’avais fait fuir » Tutoiement. Changement. La dernière fois… dernier épisode d’une relation singulière, sans nom. Barbouillé de sang qu’il était ce jour là. Les mains tremblantes d’une seconde mort. Courir, courir, ne pas s’arrêter. Il ne s’était pas changé. Pas le temps. Visage peinture grenat qu’il lui avait présenté, mains rouges de ses méfaits. « J’ai attendu, chaque année, j’ai attendu ton retour, mais il n’y avait que des ersatz, des rouquines que je croyais être toi. Plusieurs fois j’ai posé une main sur l’épaule d’une inconnue pensant que… » Les mots sont absents. Les yeux cognent contre les fresques. Il ne l’a regarde pas. Il n’y arrive plus. « A qui appartiens-tu ? »


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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)
Sam 1 Oct - 22:32

the devil's tears
Melchiorre & Prosèrpina
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Ses doigts effleurent la quintessence d'une existence perclus de souffrances. Elle veut s'y accrocher à cette présence. « Parfois les auditoires que l'on trouve dans les lieux d'abandon valent cent fois mieux que ceux des opéras les plus raffinés.» répond-t-elle avec un petit sourire. La malice se creuse au fond de ses pupilles. Quelques pas le rapproche de lui. Prosèrpina a peur de briser l'apparition. Peut-être n'est-ce que l'illusion que la maladie imaginée force pour ses derniers instants ? Le froid qui règne entre les pierres l'atteint à peine. Le souffle est retenu alors qu'elle atteint que l'étranger pourtant si familier, s'exprime. Un prénom. Rien qu'un prénom. Ils brisent le rite qui s'est constitué entre eux des années auparavant pour en instaurer un autre. Nouveau lieu, nouvelles circonstances, nouveaux élans. Le passé et le présent entrent en collisions. Ils se brisent l'un et l'autre devant les yeux de Prosèrpina. Une nouvelle lumière se distingue dans l'obscurité et balaie quelques craintes, font naître de nouvelles illusions, de nouvelles pensées.  

« Prosèrpina » La voix ne tremble pas. Le souvenir de l'abandon est encore trop vivace. Dans ses tourments, elle se voyait mille fois arrachée à ce petit banc qui faisait face à la Piéta, mille fois enlevée à l'homme sans nom mais à la présence qui attirait. Les doigts viennent frôler la paume, puis serre la main sans sentir le sang qui macule la chair. Son cœur tambourine douloureusement dans sa poitrine. Il rythme les retrouvailles incongrues au cœur d'un lieu si saint. L'esprit ignore la mort omniprésente et les tâches carmines qui témoignent des atrocités passées. Jamais elle n'avait douté que son souvenir avait laisser la place à l'oubli. Ce n'était aucunement par assurance mais juste parce que l'envie de le revoir était envahissante. Elle avait tout phagocyté tandis que la folle se raccrochait désespéramment aux bribes des découvertes du monde extérieur  sa prison.

Melchiorre. La nymphe se répète le nom. Voilà qu'un nom se glisse sur le portrait. Chacun des détails se greffent à la peinture qui a survécu à travers les ans. Ses yeux se ferment et sa bouche s'entrouvre. La voici songeuse, elle s'empresse de les rouvrir pour l'observer. La scène a tout d'un songe. Mais la crainte exprimée l'a fait trembler. « Jamais. Jamais... on m'y a contraint, arraché. De ces visites, j'en ai tant rêvé après, je les ai tant voulu mes escapades mais pourtant...» La chaste baisse les yeux devant sa propre audace. La femme se rapproche et finit par s'asseoir aussi sur le banc. Elle fixe à son tour l'autel mais continue à parler.

« J'ai attendu aussi. Mais, j'ai troqué ma prison contre une autre.» La tête de Prosèrpina se baissa. Ses yeux se voilèrent quelques secondes. « J'ai attendu. La délivrance, la fuite.» Elle s'exprimait à demi-mot. Il y avait un peu de crainte et une envie de faire taire les mauvais moments. Juste l'instant présent avait grâce à ses yeux. Nul ne sert de venir l'entacher .  Appartenance. Un spasme léger la secoue lorsque l'esprit esquisse les visages de ses anciens geôliers. A eux, puis avant aux géniteurs, à la famille de ruines. Et puis maintenant alors ? Comme autant d'échos, la question se répercutent indéfiniment. Un mot se dessine alors qui s'empresse de passer les lèvres délicates de la femme. « Personne.» chuchote-t-elle après quelques secondes de réflexion. Le tissu de son col roule entre ses doigts. Personne. La liberté après une mort, c'est enfin le constat qu'elle fait. C'est cette vision, cette rencontre qui la met enfin face à l'évidence. 
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Sujet: Re: the devil's tears (proserpina)

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