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911, we have an emergenza ft. otto

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Il n'y a qu'un seul but : le pouvoir

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Sujet: 911, we have an emergenza ft. otto
Dim 11 Sep - 22:11

    Ses paupières lourdes comme du plomb se relèvent. Une fois. Deux fois. Ses yeux s’ouvrent puis se referment, essayant tant bien que mal d’évacuer l’épais nuage qui floute sa vision. Dulce pose une main au sol, proche de son visage mais la brûlure qui s’en émane lui arrache un cri. Elle regarde sa main et réalise qu’elle est couverte de sang, le sien et celui de son adversaire certainement. Ca y est, les évènements se rassemblent et s’organisent, le brouillard se lève. Habituellement prudente après la fermeture des médecins, Dulce s’était laissée emporter face à un autre clochard dénué de tout qui avait jugé bon de lui coller sa main au postérieur. Elle plie lentement ses doigts et réfrène un gémissement. On ne voit pas les os, mais ses phalanges sont bien amochées. Elle regarde autour d’elle et constate que l’opposant a préféré détaler, ce qui est certainement la meilleure décision pour l’avenir de son service trois pièces. Une pensée lui traverse l’esprit tout en lui donnant la nausée. Elle glisse sa main vers son pantalon, craignant que son évanouissement n’ait finalement fait la part belle à son aillant mais constate avec soulagement que rien n’a été tenté. Elle baisse la tête et lutte contre le monde qui tourne autour d’elle. Sa main valide frotte ses cheveux et en ressort ensanglantée elle aussi. Bien que non diplômée en médecine, Dulce comprend que ce n’est pas un bon signe. La jeune femme se relève, difficilement et sent le regard des passants se poser sur elle.

    « Circulez, y’a rien à voir… » marmonne-t-elle, voyant que son jean s’était également déchiré aux deux genoux.

    Les regards glissent et l’ignorent à nouveau. Ce n’est pas maintenant qu’elle est debout qu’il faut s’intéresser à sa condition, mais plutôt quand elle était couchée à terre, inanimée, pense-t-elle. Elle tente de s’étirer mais elle a l’impression que son corps tout entier est brisé, une fois de plus. Elle attache ses cheveux comme elle peut avec ses mains recouvertes de sang et tente de marcher. Dulce sent qu’une de ses chevilles est gonflée et douloureuse lorsqu’elle esquisse un pas. Son visage se baisse. Elle n’aura jamais la force de retourner jusque chez señor Donatello et devra passer la nuit avec ses blessures en attendant qu’un cabinet de médecin rouvre. Dulce sent sa gorge se nouer et ses yeux, encore meurtris, s’humidifier. Un douleur à nouveau lorsqu’elle va pour essuyer ses larmes. L’arcade ? L’os sous son œil ? Impossible de savoir si c’est une fracture ou un coup mal placé. Elle rejoint le mur le plus proche et s’y appuie, posant ses mains sur ses cuisses, tentant de reprendre contenance. Sentant son dos fatiguer, elle se redresse finalement, posant son regard sur le numéro de l’immeuble d’en face. Sa tête se penche, cherchant d’où ce numéro dans cette rue pouvait lui être familier. Ses yeux s’écarquillent alors que ses souvenirs refont surface. Frénétique, elle cherche un carnet dans son sac comme si sa vie en dépendait, ce qui est peut-être le cas. Enfin, ses doigts se referment sur le bon, le sortent des méandres de ses affaires et font glisser les pages à une rapidité folle. Là. Et maintenant ? Elle compose le code et entre comme s’il s’agit de son domicile ? Quel autre choix a-t-elle ? Dulce pousse un long soupir, pesant rapidement le pour et le contre de ce qu’elle s’apprête à faire. Elle, la jeune indépendante des rues, refusant le confort de la maison close des Donatello, refusant l’argent pour de la nourriture, elle compose le code d’un inconnu lui ayant offert la chaleur de son foyer. La fin justifie les moyens, se répète-t-elle en boucle alors qu’elle gravit les marches menant à l’appartement qu’il lui avait indiqué. Un nom proche de la sonnette : « Bartolozzi » qu’elle arrive à déchiffrer. Un de ses doigts blessés s’y pose, acte délibéré lui rappelant ce qui était en jeu. Sa fierté contre sa vie.
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Sujet: Re: 911, we have an emergenza ft. otto
Lun 12 Sep - 20:18

Il semble jouer un jeu malsain avec le mégot glissé entre les doigts, brûlant doucement la pulpe,  avant de se décider  à l'écraser dans le cendrier vierge.  Après  des semaines  à s'inquiéter un semblant de paix se distille dans ses veines avec encore plus d'efficacité qu'un  rail de cocaïne venant taire ses peines, les meilleurs choses sont parfois les plus simples, lire un vieux bouquin à la lumière d’une lampe défoncée dans le salon tant nargué.  Le soutien de ses sœurs peut  être,  leurs claques mentales constante,  c'est suffisant pour le sortir  de sa léthargie, le reste ne tient qu’à lui.  Il y pense pas trop non plus,  de  peur de rallumer accidentellement un feu étouffé,  l'air précieux qui s'infiltre dans ses poumons presque timidement est si appréciable qu'il se prend  à l'aimer  à nouveau.  Otto est las de se détruire,  il est arrivé si loin dans la démarche qu'il n'a plus  rien  à annihiler dans sa vie,  foutre le feu dans sa baraque peut  être ou s'envoler pour d'autres horizons.  Le jour où il réussira  à  accepter que ses sœurs ont le droit de vivre peut  être,  il partira.  Il le sait.  C'est devenu trop insidieux comme idée au point de plus en être une, c’est un fait,  il va tout plaquer et peut être même  s'écouter pour une fois,  la raison qui lui dit depuis des années qu'il ne veut plus tuer.  Il va le faire,  il laissera derrière lui quelques corps,  il sait que sa liberté il la paiera si fort que jamais il en profitera,  mais il veut pouvoir l'atteindre juste pour le geste,  juste pour dire qu'il aura osé  se relever.  C'est le déclic,  Milena  d'abord,  il l'aurait vengé avant,  il le voulait tellement.  Puis s'est passé,  il a aimé et il est parti, il l’a laissé partir, sans doute qu’il s’en prendrait quand même au tueur, c’est sa faute après tout, si sa vie est devenue ce qu’elle est. Si elle était vivante, il serait loin de Florence.  Ailleurs,  peut importe où. Et tous les gamines et des gosses qui le font sourire un instant avant de disparaître dans la foule sa gueule d’ange à lui, Il se fait une raison,  c'était pas réciproque, il lui appartenait pas.  C'est un concept étrange pour lui d'appartenir à personne, il a pas l’habitude, il s’imagine que c’est normal,même lui qui  se pavane,  le flic pourri  à la tête de l'empire familial il dépend  de phalanges coincées sur une gâchette.  Florence sera son tombeau,  s'il s'en sort,  il sera de toute façon plus le même. Il repousse au loin le cendrier,  il jette le paquet dans la pièce, au loin, comme les souvenirs,  il a presque envie de se poser en face du piano et recommencer  à jouer.  Mais il le fera pas,  il va le vendre,  trouver autre chose.  Déjà se libérer des regrets,  des actes manqués. Des bonnes actions maintenant pour combler.  Il pourrait même le filer  à un gosse des rues, il doit juste chasser le fantôme qui erre. Le laisser filer et se laisser aller. Il est pas obligé de poser un canon contre ses tempes pour se remettre à respirer et comprendre qu’il peut juste pas tirer. Juste que parfois, voir toutes ces choses, ça brûle les yeux, ça pique la gorge. Il suffoque. Il appartient pas à ce monde lui, il est riche et pourtant. Pas né dans la bonne famille, pas à la bonne place, il prend celle d’une gosse qui prendrait des bains d’or quand lui il utilise que son argent. Il a rien à s’offrir Otto, pas de putes, ça le dégoûte. Il serait capable d’en attraper une et briser ses fers, pour peu qu’elle promette de le suivre, pour peu qu’elle dise « pour toujours ». Tomber dans le panneau, ça, c’est son truc.

Des gens des rues il en croise tant, il peut s’identifier dans les regards hagards, il propose une aide furtive, mais ils sont pas fous, ils savent que ce serait pas gratuit,  surtout cette fille,  avec ses cheveux trop longs,  elle fait sale,  mais c'est comme ci elle avait peur de sacrifier ce qui lui reste d'intégrité,  des boucles pour  se donner un semblant d'humanité.  Il a filé sa carte, il s'imagine qu'elle viendra, ou pas, et si ? Il vit de faut espoir, sur une courbe de joie en dent de scie, il se blesse.  Vu le regard qu'elle lui a jeté,  le même avec lequel elle darde tous les passants, son geste est peut-être rendu aux égouts.  Peut être qu'elle agirait autrement si elle connaissait le vrai nom de Bartolozzi.  Elle fuirait, encore plus et en courant. Pour peu, il aurait pas entendu la sonnette, mais il est trop concentré. Il se lève d’un bond, il sait pas où sont Ada et Benny, il veut ouvrir. Il aimerait que ça soit lui, qu’il soit fou un instant, tout peu arriver. Il hésite avant de déverrouiller la porte. Un instant seulement avant de la pousser, pour croiser un macchabée. « Tu fais peur à voir. » Il réagit du tac au tac,. L’information a même pas le temps de monter jusque dans les neurones qu’il avance une main timidement pour saisir la sienne et la tirer à l’intérieur, il essaye de pas y aller avec trop de violences, parce qu’elle pisse le sang un peu, elle a des bleus. Sale état. Il aime pas faire ça, s’occuper des blessés, mais il a pas le choix. Il va pas appeler Ada. Il peut le faire seul. « Monte. » Il l’accompagne dans l’escalier, il reste derrière au cas où elle manquerait de tomber. Quand il parlait du lui, elle s’est montrée. Mais sa main tendue c’était pas pour deux billets. « Il va falloir se débarrasser de tes fringues c’est plus possible. » Il ouvre une autre porte, celle de sa chambre, puis celle de la salle de bain privée. Il faudra qu’il récupère un truc qui appartient à ses sœurs. Ou chiper à sa belle-mère.  Mais il voudrait déranger personne et il veut pas qu’on le dérange, alors il ira fouiller dans les affaires de sa vraie maman plus tard. Pour l’instant, il fait couler l’eau dans la baignoire et va chercher le matos. C’est limite s’il va pas l’opérer, maladroit qu’il est. « Je pensais que tu ne viendrais jamais, tu es dans un sale état. La prochaine fois, évite d’être à moitié crevé pour passer. » Il est pas spécialement méchant dans ses paroles, c’est juste qu’à chaque fois ça le gonfle, qu’on se laisse aller. C’est pas avec les jambes coupées qu’on parcourt le monde. « Tu as de la chance que je sois pas parti me bourrer la gueule. »
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Sujet: Re: 911, we have an emergenza ft. otto
Mar 13 Sep - 18:14

    Le cliquetis du verrou se fait se dresser les poils sur ses avant-bras. Elle regarde à l’autre bout du couloir, se disant qu’elle aurait probablement le temps de prendre les escaliers sans trop s’esquinter. Mais alors qu’elle se décide enfin, la porte s’ouvre à la volée, découvrant un homme aux joues creusées et à la langue visiblement bien pendue. Qu’à cela ne tienne, elle lui rendrait la monnaie de sa pièce. Après tout, c’est lui qui avait offert son aide en premier lieu. Et Dulce lui avait déjà bien fait comprendre qu’il n’aurait pas le droit à un traitement de faveur. Donc, autant coller à l’idée qu’il devait certainement avoir déjà.

    « Tu n’es pas exactement canon non plus, tu sais. » répond-elle rapidement, se laissant entraîner à l’intérieur.

    Elle grimpe les marches qu’il lui a si gentiment indiquées, doucement, chaque effort lançant une déflagration dans tout son corps meurtri. Elle peut le sentir derrière elle, soucieux malgré son apparence résignée. Dulce laisse ses mains glisser sur la rampe, se rappelant les grands escaliers en fer forgé de sa maison. Sont-ce bien ses souvenirs cependant ? Impossible de se conforter dans la certitude de ces mémoires intempestives. Plus rien, autre que la rue, ne lui paraît être ou avoir été un tant soit peu réel. Elle est ramenée au présent par sa voix qui résonne dans sa tête. Ses fringues ? Hors de question.

    « Il suffit juste de les laver. Ca ira. Si t’as du fil et une aiguille je m’arrangerai pour mon jean. » elle marque une pause, contemplant l’état dans lequel elle se trouve à travers le miroir de la salle de bain. « Je ne t’embêterai pas longtemps, va. » lâche-t-elle dans un murmure alors qu’il quitte la pièce après avoir lancé l’eau.

    Dulce laisse tomber son sac dans un coin puis s’avance vers la baignoire. Elle avance ses doigts sous le robinet pour sentir l’eau couler. Elle est chaude, brûlante presque, mais elle s’en moque. Inquiète, tout de même, à l’idée que l’autre ait pu abuser d’elle, Dulce déboutonne son jean et le fait glisser sur ses chevilles. Loin d’elle la prétention d’être gynécologue, mais elle pense fortement que si intrusion il y a eu, alors douleur elle devrait ressentir. Presque nerveusement, ses doigts se frayent un chemin et elle constate avec soulagement qu’aucune gêne ne semble se déclarer. Assise sur le rebord de la baignoire, elle s’interroge sur la suite des évènements. Elle l’entend de loin.

    « Y’aura pas de prochaine fois. » dit-elle sobrement, couvrant le bruit de l’eau s’écoulant dans la baignoire.

    Son cœur se sert légèrement, bien qu’elle ne comprenne pas vraiment pourquoi. C’est pas comme s’ils se connaissent, pas comme s’il lui devait quelque chose. Et elle, de son côté, ne veut pas être redevable non plus. Qui sait ce qu’il adviendrait de la pauvre Dulce si elle se retrouvait avec des dettes à honorer ? Elle a déjà eu la chance d’échapper au bordel du Donatello, mais à quel prix ? Et puis qu’est-ce qu’il en retournerait pour son bienfaiteur ? Dans quelle situation elle le pousserait ? Non, définitivement, pas de prochaine fois. Elle retire difficilement son sweat, puis son t-shirt. Son bras la lance, sa main, sa tête… Dulce ne parvient pas à se concentrer sur une parcelle de son corps qui ne la fait pas souffrir. Elle se lève et se retourne, ôte son soutien-gorge ainsi que son boxer. Les vapeurs de l’eau lui feraient presque oublier son malheur. Soudain tout est si lointain, autant son altercation que toutes ses années de galère. Elle coupe l’eau et s’immerge en entier, laissant l’eau recouvrir et panser ses blessures. Laissant ses cheveux se mêler au courant et la chaleur s’insérer dans toutes les plaies de ce corps qu’elle ne reconnaît plus et dans son esprit fatigué. Quand elle sort enfin la tête, Dulce réalise l’étendue du malaise. Elle est nue, chez un inconnu. Elle s’était mis un point d’honneur à ne plus se retrouver dans ce cas de figure et pourtant…

    « Je crois que de l’alcool donnerait étonnamment beaucoup de sens à ce qu’il est en train de se passer. » répond-elle comme un écho à sa dernière phrase, en rassemblant ses jambes contre sa poitrine.
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Sujet: Re: 911, we have an emergenza ft. otto
Dim 18 Sep - 21:39

Il accepte la pique, il la prend comme elle vient, non il est pas le plus beau Otto, mais il s’est habitué à ce reflet là et c’est pas tant son visage  qu’on nargue avec un sourire pincé qui à le dont de le faire trembler voir même, baisser un peu les yeux et prendre un air timide savoureux. L’air gamin un peu honteux quand il sent qu’il est pas à la hauteur de ce qu’on voudrait, parce qu’il voudrait plaire, parce qu’il a toujours voulu être assez pour son père et ne pas ressembler à une pièce rapporté, comme l’était la belle mère et comme d’une manière générale les femmes sont passées à la maison. Le visage du guerrier en revanche, ç’a été une autre affaire et il a mit du temps à l’adopter, au départ, il avait surtout envie de déchirer son sourire narquois et de couper ses mains qui encerclaient le canon du Beretta. C’est marrant le nombre de portrait qu’il a de lui et que les autres peuvent avoir alors que la vérité est toute drôle, toute douce. C’est un maquillage comme un autre mais Otto n’a pas en lui la colère qu’il montre, elle existe bel et bien, une colère lasse et sauvage, mais elle se décline dans des gestes trop doux, dans des désirs trop humains. Tout ce qu’il voulait, c’était trouver quelqu’un, apaiser ses doutes dans des bras, comme-ci la violence le répugnait. A baigner dedans il peut pas en faire son remède. Entre solitaires, il pourrait y avoir de la compassion. Malgré son avertissement, il continue de fouiller ses placards et sort la robe de chambre de sa mère, si elle veut garder ses vieux vêtements et bien tant pis, après tout, il aurait fait pareil et il garde bien une douille autour de son cou, il pourrait comprendre, juste essayer. Otto ferme les yeux. Non. Il peut pas, il est riche, il sait, il vit là dedans, tout d’un coup être à la rue il n’arrive pas à l’imaginer et se mettre à sa place. L’absence d’empathie le glace un instant, et si il n’y arrivait pas ? S’il était trop tard pour changer ? Il pourrait la revendre, faire ce qu’on est sensé faire quand on est lui. D’autres ont terminé dans ses filets pour moins. Mais il regrette.

Quand l’eau cesse de couler il se permet d’entrer. Au point où elle en est, il ne se pose pas de questions sur sa pudeur. La sienne, il l’a oublié depuis longtemps et être un homme ne l’aide pas spécialement, il veut bien entendre qu’une nana se balade pas à poil comme ça, encore un truc qu’il a toujours trouvé décalé, mais il a été élevé dans un monde sur une autre onde alors ce qu’il est normal, c’est pour lui que des trucs de tarés, sa normalité c’est les cauchemars des petits égarés. « Je t’ai sorti quelque chose pour la nuit sauf si tu préfères dormir nue. Mais je pense que tu peux au moins attendre qu’ils sèchent. » Sachant qu’il va l’héberger dans son lit, car il n’y aucune chambre d’amis de libre, il n’est pas des plus à l’aise à l’idée d’avoir un corps à ses cotés. Des vues sur une nana, ça fait un bout de temps que ça s’en est allé dans son esprit, ses désirs ont changés, mais son corps reste une pauvre machine mécanique qui serait bien foutue de se croire au jour de l’an avec une paire de seins à ses cotés. Il veut pas passer pour ce genre de type ou l’effrayer, elle est délicate comme une fleur.  Il attrape les éponges naturelles et chasse l’idée de sa tête, il peut dormir par terre, c’est pas lui qui a besoin de soins, ceux qu’il hurle d’avoir son introuvables en magasin, aide les autres t’aiderais disait parfois maman, alors il s’y attelle et plonge les bras dans l’eau savonneuse. « Tu permets ? » Il demande son avis mais n’attend pas de  réponse pour commencer à frictionner sa peau, il reste néanmoins attentif à tout signe de refus. Il ne veut pas qu’elle se sente abusée, elle n’est pas à l’aise déjà, il peut le sentir, il attend le moment où pour tous les deux ce sera plus confortable, à ce moment là il essayera peut-être d’échanger plus avec. Qui qu’elle soit, elle a droit à la paix, elle, elle a quelque chose de tellement libre dans sa façon de le rejeter qui lui cloue le bec. Pour peu, on pourrait la voir comme une ingrate, mais l’effort qu’elle met dans le maintient des apparences et de son identité est trop unique pour être simplement résumé à un pauvre besoin d’indépendance. Ça va plus loin que ça, c’est pas une capricieuse, elle s’est trop écorchée. Comme un vieux disque elle continue de tourner mais ses bases sont pas plus solides que le traître à ses cotés.

« Alors quoi, tu viens ici, tu te reposes, tu repars et jamais je  ne saurais qui tu es, ça ne restera qu’un truc qu’on cachera derrière une bouteille ? » Il n’arrive pas à cacher la déception dans sa voix, il a besoin de parler, de soulager quelques peines, pas uniquement se confier à ses sœurs. Il veut que d’autres personnes puissent savoir. Mais il pourrait pas voir un psy, non. Il se sentirait trop fou. « Je devrais avoir l’habitude des fantômes cela-dit. » Il effleure sans le vouloir mes mains de l’invitée. Un jour, dans une vie, il a touché des mains aussi douces, qui venaient de réparer son pauvre corps troué. La douleur qui s’était tue dans son ventre se rallume.
Un fantôme, ce n’est plus qu’une histoire de voleur. Parti, à jamais dans les limbes de la sienne d’histoire.
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Sujet: Re: 911, we have an emergenza ft. otto
Sam 1 Oct - 20:10

    Dulce tourne rapidement la tête pour le voir entrer. Il porte des fringues sur son bras et lui dit quelque chose qui implique qu’elle dorme ici. Elle baisse la tête, incertaine de la suite. Son corps endolori la prie d’accepter l’offre du charmant monsieur mais son esprit la pousse à sortir de ce bain, déjà trop confortable, et de retourner à la rue. C’est là qu’elle appartient après tout. Plus personne ne s’intéresse suffisamment à elle pour l’aider à trouver un logement ou du travail. Oh, réflexion faite, elle a toujours l’option de Melchiorre. Un frisson lui traverse l’échine. Hors de question, qu’elle se martèle dans le crâne en espérant enfin ne plus avoir à évoquer cette possibilité. Elle redresse doucement le visage, le regarde alors qu’il trempe une éponge dans l’eau fumante et… ne dit rien. Elle acquiesce silencieusement à sa demande, lui présentant son dos et écartant ses cheveux trempés. Dulce saisit une éponge à son tour, l’humidifie et la fait glisser sur ses bras, lascivement.
    Perdue dans ses pensées, elle se surprend à ne pas vouloir que cet instant prenne fin. Après tout, c’est ce à quoi elle est habituée, elle a juste oublié. Elle s’est forcée à oublier, pour ne pas souffrir outre mesure et pour ne pas se raccrocher à de faux espoirs. Les derniers mots de son frère sont ancrés dans sa tête. C’est bien la seule chose qui la retient à sa vie d’avant, la seule chose qu’elle ne parvient pas à occulter. Ce qu’elle aimerait pourtant. Pouvoir avancer, plus libre encore qu’elle ne l’est aujourd’hui. Là encore, c’est si on pouvait seulement parler de liberté. Dulce vit dans une situation hybride, entre l’indépendance et le crochet de Donatello. Entre illusion de liberté et réalité d’incarcération. Florence est sa prison, mais ça, elle l’a déjà accepté. Son appartenance au clan, en revanche, elle ne la reconnaît pas. Elle s’y refuse. Elle se pense si libre que personne ne peut lui mettre la main dessus, et c’est là son unique but. Ne pas remonter à sa famille. Ne pas les mettre encore plus en danger.
    Elle est tirée de sa rêverie par la tirade émouvante de Bartolozzi. Elle parvient à se retourner à nouveau, non sans mal, et le scrute. Dulce veut savoir. Est-ce qu’il se moque d’elle ? Elle a du mal à saisir le sarcasme quand il ne s’agit pas de sa langue et quand elle ne voit pas la personne parler. Est-ce qu’elle a à faire à un dérangé ? C’est un risque auquel elle s’expose en acceptant d’entrer chez un inconnu. Mais son instinct ne l’a pas mise en garde. Est-ce qu’il est sincère ? C’est une grande maison, il est tout simplement impossible qu’il y vive seul. Et puis, les habits qu’il a rapportés sont des habits de femme, donc il y a forcément une femme qui vit également ici. Sa femme ? Non, il ne l’aurait pas laissé se déshabiller sans la prévenir. Sa mère ? Dieu, faite que non. Sa sœur ? Ca serait touchant. Ses mains l’effleurent. Farouche, elle les retire. Mais le son de sa voix la pénètre si fort qu’elle sentirait presque des larmes couler sur ses joues. Si c’est le cas, l’eau ruisselante de ses cheveux lui servira d’excuse. Bien que la rue l’ait endurcie, certaines situations continuent de l’émouvoir. Particulièrement sensible dans sa jeunesse, Dulce peut littéralement passer du rire aux larmes en un temps records. Ses mains replongent dans le bain mousseux, attrape l’éponge et, dans un éclair, viennent l’essorer au dessus de la tête du jeune homme. Un éclat de rire authentique la secoue, la faisant presque tomber à la renverse.

    « Détends-toi un peu ! » dit-elle en le poussant gentiment du doigt. « Tu vis dans un palace et tu es quasiment aussi blasé que moi qui n’ait qu’un bout de carton comme matelas. » continue-t-elle.

    Dulce bénéficie d’un recul assez impressionnant sur sa situation. Elle la vit comme si elle n’était pas vraiment là, comme si tout n’était qu’un mauvais rêve et qu’elle allait bientôt se réveiller. Elle a également assez de bon sens pour savoir que c’est bien réel, mais au moins, elle ne s’apitoie pas sur son sort et c’est déjà une victoire pour elle. Elle tend sa main vers son hôte, se redressant tout en couvrant sa poitrine de son bras disponible.

    « Tu peux m’appeler D. » lâche-t-elle d’un ton solennel. « Je te garantie pas d’être là longtemps, mais autant profiter du temps que j’ai à passer avec toi. » finit-elle avec un sourire.

    L’inconscience. C’est l’effet qu’a visiblement un bain chaud et rempli de produits de beauté sur la jeune femme. Elle-même est perturbée, elle a l’impression qu’elle va rentrer chez elle incessamment sous peu tout en sachant que le retour à la rue lui fera un mal de chien. Mais pourquoi ne suivrait-elle pas son propre conseil pour une fois ?
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